L’objectif de ce problème est de caractériser la performance du circuit secondaire d’une centrale nucléaire (voir figure ci-dessous).

On désigne par p la pression du système liquide-vapeur et par v son volume massique. L’équilibre entre l’eau liquide et sa vapeur est caractérisé, à différentes températures, par les données suivantes dont les valeurs numériques sont données dans le Tableau 1 :

On définit par
- θ : température en °C ;
- p : pression de vapeur saturante ;
- vL : volume massique du liquide saturant ;
- vG : volume massique de la vapeur saturante ;
- hL : enthalpie massique du liquide saturant ;
- hG : enthalpie massique de la vapeur saturante ;
- sL : entropie massique du liquide saturant ;
- sG : entropie massique de la vapeur saturante.
NB : Dans tout cet énoncé, on se placera en régime permanent conservatif. De plus, les variations d’énergie cinétique et potentielle seront considérées négligeables. Tous les calculs se rapporteront à une masse m = 1 kg de fluide. La capacité thermique massique cL du liquide est constante et vaut 4,18 kJ·kg−1·K−1. Le coefficient de dilatation isobare α de l’eau liquide, supposé constant, vaut 1,5 × 10−4 K−1.
Le circuit secondaire de cette centrale nucléaire (voir figure ci-dessus) comporte les éléments suivants :
- Un générateur de vapeur,
- Une turbine,
- Un condenseur,
- Une pompe d’alimentation.
Les transformations subies par l’eau dans ce circuit sont modélisées par le cycle de Rankine décrit ci-dessous
• A→ B : compression adiabatique réversible, dans la pompe d’alimentation, du liquide saturant sortant du condenseur de la pression p1 = 0,0562 bar, à la pression p2 = 69,2 bar. Cette compression entraîne une élévation ΔT de la température du liquide.
• B→ D : échauffement isobare du liquide dans le générateur de vapeur qui amène le liquide de l’état B à l’état de liquide saturant sous la pression p2 (état D).
• D → E : vaporisation totale (vapeur saturante sèche), dans le générateur de vapeur, sous la pression p2.
• E →F : détente adiabatique réversible, dans la turbine, de p2 à p1.
• F → A : liquéfaction totale, dans le condenseur, sous la pression p1, de la vapeur présente dans l’état F
1-) Représenter le cycle décrit par l’eau dans le diagramme de Clapeyron (p, v). Est-il moteur ou récepteur (justifier votre réponse) ?
2-) Transposer le cycle précédent dans un diagramme entropique (T,s).
La différentielle de l’entropie massique du liquide s’écrit, en fonction des variables T et p par :

On note : ΔT = T−T1, l’élévation de la température du liquide dans la pompe d’alimentation, sachant que ΔT << T1.
3-) Exprimer de 2 façons différentes la différence de température ΔT, puis la calculer , conclure. On supposera pour ce calcul, que le liquide est incompressible et que son volume massique vL = 10−3 m3·kg−1.
Dans la suite du problème on négligera ΔT devant T1.
4-) Il est rappelé que le titre massique en vapeur x d’un système liquide-vapeur est égal au rapport entre la masse mG d’eau à l’état de vapeur saturante et la masse totale m du système. On désigne, respectivement par : vm et hm, le volume massique et l’enthalpie massique du système liquide-vapeur correspondant à un point M du palier de saturation.
- Retrouver l’expression du titre massique en vapeur x, en fonction de : hm, hL et hG.
- En déduire (expression littérale et application numérique), l’enthalpie massique hF du système liquide-vapeur sortant de la turbine (état F)
5-) En raisonnant à partir du bilan d’énergie entrée/sortie de la pompe (Premier Principe de la Thermodynamique en circuit ouvert) ou d’une toute autre méthode (Relation de Gibbs par exemple),
- Exprimer le travail massique wp fourni par la pompe au fluide en fonction de vL, pA et pB. Avec vL le volume massique du liquide supposé incompressible
- Calculer la valeur numérique de wp et comparer ce travail au travail spécifique de la turbine
6-) Exprimer et calculer les transferts thermiques q1 et q2 reçus par 1 kg d’eau respectivement, dans le condenseur et dans le générateur de vapeur.
7-) Exprimer et calculer le travail wu reçu, par 1 kg de fluide et en déduire le rendement thermodynamique du cycle.
8.-) Comparer ce rendement à celui d’un cycle de Carnot décrit entre les mêmes températures extrêmes T1 et T2. Conclure
