Aujourd’hui, les systèmes de conversion d’énergie thermique visent à améliorer leur efficacité tout en réduisant leur impact environnemental. Afin de répondre à cette problématique, les recherches de ces dernières années montrent un intérêt croissant pour l’utilisation du dioxyde de carbone à l’état supercritique comme fluide de travail dans un cycle Thermodynamique de Brayton intégrant un récupérateur de chaleur. En particulier, ceci suscite un intérêt dans les domaines de l’énergie solaire à concentration et de l’énergie nucléaire.
Description du cycle :
Le cycle étudié est représenté Fig-1. Il s’agit d’un cycle de Brayton régénératif utilisant du CO2 supercritique comme fluide de travail.

Le CO2 supercritique entre dans le compresseur à la température T1 = 35°C (température basse du cycle) et à la pression P1 = 7,5MPa. Il est comprimé jusqu’à atteindre la pression P2 = 21,225MPa. Il traverse ensuite le récupérateur de chaleur afin de récupérer la chaleur HXR provenant du courant 5 de la sortie de turbine. Le CO2 supercritique monte alors en température. Il poursuit dans l’échangeur de chaleur HX1 afin d’atteindre la température T4 = 527°C (température haute du cycle). Il rentre donc à cette température dans la turbine puis subit une détente jusqu’à atteindre la pression P5 = 7,6MPa. En sortie de turbine, le CO2 supercritique poursuit son chemin en traversant le récupérateur de chaleur HXR permettant de céder sa chaleur au fluide sortant du compresseur. Il poursuit son refroidissement au sein de l’échangeur HX2 avant d’être réinjecté dans le compresseur.
Le rendement isentropique de la compression est ɳs, comp = 80% et celui de la détente est ɳs, turb =75%. On donne le volume molaire moyen, supposé constant, lors de la compression ν12 = 0,1269 L.mol-1 et celui de la détente ν45 = 0,5213 L·mol-1 également supposé constant. On se place en régime permanent et on négligera les variations d’énergies cinétique et potentielle. On rappelle que les rendements isentropiques de compression et de détente s’écrivent :

Données sur les pertes de pression :
-Une perte de pression ΔP23 = ΔP56 = 50 kPa au sein du récupérateur de chaleur HXR pour chacun des deux courants ;
-Une perte de pression ΔP34 = 275 kPa dans l’échangeur de chaleur HX1 ;
-Une perte de pression ΔP61 = 50 kPa dans l’échangeur de chaleur HX2.
On donne la température critique Tcr et la pression critique Pcr du CO2 : Tcr = 304,18K et Pcr = 73,8 bar. On rappelle les masses molaires du carbone et de l’oxygène : MC = 12 g·mol-1 et MO = 16 g·mol-1. Les tables Thermodynamiques du CO2 supercritique sont fournies en Annexe-1 à la fin de cet énoncé. On souhaite avoir une puissance nette en sortie de P = 1MW.
1°) Compléter les pressions manquantes dans la Table ci-dessous.
Remarque : hormis pour les pressions, il n’est pas attendu que ce tableau soit complètement rempli ; il peut néanmoins permettre de centraliser vos données au fur et à mesure du sujet.

2°) Représenter, schématiquement, le cycle étudié dans un Diagramme-Entropique (T − s). Faire aussi apparaître le point-2squi correspondrait à la sortie du compresseur si la compression était isentropique. Placer également le point 5squi correspondrait à la sortie de la turbine si la détente était isentropique.

3°) En utilisant une identité Thermodynamique, établir une expression de l’enthalpie h2s, correspondant à l’enthalpie dans le cas où la compression serait isentropique. En déduire l’expression de l’enthalpie h2 en fonction de l’enthalpie h1, des pressions P1 et P2, ɳs,comp et du volume molaire moyen ν12. Calculer h2.
4°) Exprimer, puis calculer, l’enthalpie h5.
5°) En justifiant avec soin votre réponse, exprimer le travail net de l’installation en fonction du débit massique du fluide de travail et des enthalpies. Déterminer (expression et application numérique) le débit massique du CO2.
Dans la suite, quel que soit la valeur de h2 obtenue à la question 3, on prendra impérativement h2 = 19,678 kJ·mol-1. Le pincement thermique, c’est à dire la différence de température entre l’entrée (courant-2) du récupérateur de chaleur HXR et la sortie 6 de ce dernier, est tel que :
ΔT = T6 − T2 = 10°C
6°) En se plaçant au niveau du récupérateur de chaleur, établir une expression de l’enthalpie h3 en fonction des enthalpies h2, h5 et h6. Déterminer la valeur de h6 et en déduire celle de h3.
7°) Exprimer, puis calculer la puissance thermique Ph en (MW), reçue par le fluide au niveau de l’échangeur de chaleur HX1.
8°) Exprimer, puis calculer, le rendement thermique ɳcycle du cycle.
9°) Quel est l’intérêt du récupérateur de chaleur ? Justifier votre réponse.
Annexe 1 : Tables Thermodynamiques du CO2


